‘Ville de pierre’

Lieu: Bordeaux
Année: 2008
Projet: Agora 2008 // Coeurs d'ilôts

Concours réalisé en collaboration avec Alan Pressager


‘Ville de pierre’ // Ville végétale _ L’en Vert des Echoppes

Projet réalisé dans le cadre d’un concours d’idées pour la ville de Bordeaux en 2008

‘La ville de pierre’, fortification, front bâti, muraille. Une impression d’autant plus probante que les échoppes ont disparues de ces quartiers ne laissant derrière elles que leur enveloppe de pierre. L’habitat l’a certes reconquis mais il ne vit plus avec la rue, préférant de loin à l’hégémonie automobile, la tranquillité des coeurs d’îlots verdoyants et vivants.
Les îlots se replient sur eux-mêmes, protégeant ainsi leur écrin. De la rue, des percées sporadiques nous laissent entrevoir des fragments de ces poches végétales inaccessibles.
Nous avons vu l’intérêt des parcelles mutables et le potentiel foncier qu’elles développaient. Néanmoins, ce qui nous intéresse plus particulièrement, c’est d’imaginer un principe d’intervention et de densification des coeurs d’îlots pouvant se décliner sur l’ensemble de ces derniers, qu’ils contiennent des parcelles mutables ou non.
Le poumon vert créé par ces îlots provient essentiellement des jardins privatifs. Nous avons alors imaginer une règle simple mais constituant un parti pris affirmé. Pour partager ces coeurs d’îlots et les rendre accessibles, nous sommes partis du principe que le fond de ces parcelles, de ces lanières longues et étroites se retrouvaient souvent délaissés (les usagers se contentant des quelques mètres prolongeant leur habitation et délaissant quelque peu ces espaces éloignés, souvent destinés à devenir lieu de stockage, dépôt occasionnel, ou friche plus ou moins contrôlée). Ces espaces sont présents dans la majeure partie des îlots et constituent également une réserve foncière non négligeable, mais aussi non exploitable au regard du PLU. Or c’est l’ensemble de ces fonds de parcelle qui donne consistance, force à ces coeurs d’îlots
verdoyants tant convoités.
La règle ainsi imaginée revient à prendre l’équivalent de 10% de la surface à emprise 0 en fond de parcelle afin de créer, en reliant tout ces morceaux grappillés, un accès, une percée dans ce poumon vert et de le lier à l’espace urbain, à l’espace de la ville. Le fait de prendre 10% de la surface à emprise 0 et non sur toute la surface de la parcelle nous permet de conserver une certaine équité entre les parcelles. En effet, cette nuance nous empêche de dérober à des parcelles déjà trop petites une surface dont elles auraient besoin et focalise notre intervention sur les fonds des parcelles les plus longues, ceux dont l’utilité était moins probante. En contrepartie, le long de ces nouvelles voies, une bande de 3m constructible est allouée aux différentes parcelles pour construire (ou non), un appentis, un logement, un local d’activités, un atelier. Ces constructions doivent respecter le coeur d’îlot verdoyant dans lequel elles s’insinuent en ne supplantant aucun arbre, en restant sur un niveau et en adoptant des systèmes constructifs légers type bois, métal. Elles deviennent autant de cabanes perdues au fond de ce poumon vert mais reliées entre elles, à la ville, par un cheminement intégré, discret, s’insinuant timidement entre les arbres.
La densification de l’îlot se fait alors de manière douce, sans toucher au patrimoine des échoppes, une densification laissant une grande part à la diversité, à la libre évolution des cabanes au gré des besoins, une densification ayant la capacité de s’adapter aux différents modes de vie actuels.
Les parcelles mutables se voient alors reconverties pour offrir des équipements, des surfaces d’activités ou de commerces ainsi que les stationnements nécessaires. Libérant ainsi les circulations nouvellement créées de toute circulation automobile et offrant ainsi un cheminement piéton à travers ces coeurs d’îlots verdoyants.
De percées en brèches, d’îlots en îlots, la ville de pierre laisse apparaître une nouvelle trame viaire, verte, jonchées de services, d’équipements, de rencontres. Les îlots deviennent complémentaires ; à celui-ci les places de stationnement, à celui-là la supérette. Pour un autre, une crèche pour le quartier, alors que l’îlot voisin accueille une
résidence pour personnes âgées…… De la ‘ville de pierre’ émerge la ville végétale. Deux villes qui s’entrecroisent, se rencontrent, échangent, se complémentent….